Huile de palme : la production recule de 39,7 % au deuxième trimestre 2025, à 46 826 tonnes

Publié le 19/01/2026

La filière huile de palme au Cameroun marque le pas. Selon la Note de conjoncture économique du ministère des Finances (Minfi), la production nationale d’huile de palme brute a chuté de 39,7 % au deuxième trimestre 2025, pour s’établir à 46 826 tonnes. Le Minfi explique d’abord ce repli par l’effet de comparaison avec le premier trimestre, généralement considéré comme la période de grande production.

La baisse demeure toutefois nette en glissement annuel. Par rapport au deuxième trimestre 2024, la production recule de 16 %. Sur l’ensemble du premier semestre 2025, la filière affiche ainsi une contraction de 12,7 % en glissement annuel.

Le rapport du Minfi relie ce recul à deux contraintes structurelles : le vieillissement des plantations et les difficultés croissantes de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) à collecter les noix auprès des producteurs isolés. Ces derniers réclament une revalorisation du prix d’achat.

Au-delà de ces facteurs, la filière fait face à d’autres freins. La faible productivité des plantations figure parmi les principaux obstacles. L’extension de nouvelles plantations se heurte aussi à des difficultés foncières et à des litiges récurrents avec les communautés locales. S’y ajoutent des exportations frauduleuses, qui privent le marché national d’une partie de l’offre et accentuent le déséquilibre entre l’offre et la demande.

Dans ce contexte, l’arrivée de nouveaux acteurs comme Opalm pourrait rebattre les cartes. L’entreprise annonce le démarrage, au premier trimestre 2026, des travaux de construction d’une usine de production d’huile de palme dans le département du Nyong-Ekellé (région du Centre). Selon Tarek Daoud, directeur général d’Opalm, le projet vise à accompagner l’État du Cameroun dans ses efforts de structuration et de planification du monde rural, tout en augmentant la production nationale. « Le déficit actuel d’huile de palme au Cameroun est de 300 000 tonnes. Le programme Opalm prévoit d’ajouter 108 000 tonnes aux capacités disponibles pour les industries locales, soit une réduction d’environ 50 % », indique le DG.

L’enjeu est aussi commercial. Développer la production locale permettrait de réduire les importations et d’atténuer le déficit de la balance commerciale. Selon le ministre Mbairobe, avec des importations estimées à environ 100 milliards de FCFA chaque année, l’huile de palme figure parmi les produits qui déséquilibrent le plus la balance commerciale du Cameroun.

Amina Malloum

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