
Le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, le Pr Fuh Calistus Gentry, conduit depuis le 1er février 2026 une mission officielle en République de Guinée équatoriale. Objectif : signer l’accord d’unitisation du champ gazier transfrontalier Yoyo–Yolanda, étape structurante vers l’exploitation conjointe de ce gisement, dont les réserves sont estimées à 2 500 milliards de pieds cubes de gaz naturel.
L’unitisation doit permettre de traiter un même réservoir exploité de part et d’autre d’une frontière maritime, en alignant les règles techniques, contractuelles et opérationnelles, afin d’éviter une production concurrente et de sécuriser le partage des volumes.
Une répartition 84 %–16 % et un schéma industriel centré sur Yoyo
L’accord repose sur l’harmonisation technique et contractuelle de deux blocs situés de part et d’autre de la frontière maritime. Les études conjointes retiennent une répartition des ressources de 84 % pour le bloc Yoyo (côté camerounais) et 16 % pour le bloc Yolanda (côté équato-guinéen).
Le schéma de développement prévoit l’installation d’une plateforme de traitement dans le périmètre du contrat de partage de production de Yoyo, ainsi que le forage de trois puits de développement. Dans les faits, l’accord « permet aux opérateurs Noble Energy et Chevron de mener des opérations de forage de part et d’autre de la frontière », selon une source proche du dossier.
Chevron opérateur technique, 4 milliards de dollars d’investissement
Le développement du projet est placé sous la conduite de l’américain Chevron, désigné opérateur technique. L’investissement global est évalué à 4 milliards de dollars, soit en FCFA selon le taux de change retenu au moment de la décision d’investissement.
Le projet s’appuie sur un cadre juridique bilatéral déjà ratifié par les deux parlements nationaux et formellement déposé au Secrétariat général des Nations unies en janvier 2025, afin d’en garantir le caractère irrévocable.
Derniers points sensibles : loi applicable et réglementation des changes
Si les principaux paramètres sont actés, les deux États poursuivent avec l’opérateur les discussions relatives à la loi applicable à l’unité de production, ainsi qu’aux modalités de la réglementation des changes. Ces arbitrages sont présentés comme déterminants pour sécuriser les ressources destinées à stabiliser les revenus gaziers.
Le calendrier et les équilibres économiques du projet s’inscrivent, enfin, dans un contexte de pression sur les finances publiques liées aux hydrocarbures : Cameroun et Guinée équatoriale font face à une érosion continue de leurs recettes pétrolières, attribuée au vieillissement des champs, à la volatilité des cours internationaux et à l’instabilité du dollar.
Amina Malloum
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