
Le bénéfice cumulé des entreprises en activité au Cameroun est resté au-dessus de 500 milliards de FCFA en 2024, comme en 2022 et 2023. Mais, selon l’Institut national de la statistique (INS), ce résultat net agrégé a reculé de 13 % en glissement annuel, d’après son rapport sur « la situation économique et financière des entreprises en 2024 ».
L’INS souligne le caractère atypique de cette évolution. « Cette situation est inhabituelle. Car, il faut remonter jusqu’en 2018 - soit une période de 6 ans, NDLR - pour observer une telle évolution du résultat net », note l’institut, pointant 2024 comme une année de décélération marquée des gains des entreprises installées au Cameroun.
Le contraste est d’autant plus net que l’activité a progressé. « Avec une hausse du chiffre d’affaires de 12,7 %, combinée à la baisse du résultat net, le taux de marge bénéficiaire - des entreprises - recule à 3,6 % en 2024, soit 1,1 point en moins en comparaison (avec l’année) 2023. En d’autres termes, 100 FCFA de chiffre d’affaires a généré 3,6 FCFA de bénéfice au lieu de 4,7 FCFA comme en 2023 », observe l’INS. Autrement dit, la croissance du chiffre d’affaires ne s’est pas traduite par une amélioration du profit, signe d’une hausse relative des coûts, d’une pression sur les prix ou d’effets sectoriels défavorables — sans que le rapport, dans l’extrait cité, ne précise la ventilation des causes.
Sur le plan sectoriel, l’INS relève une détérioration de la situation d’ensemble : 19 branches d’activité sur 37 ont été déficitaires en 2024. Douze d’entre elles l’étaient déjà en 2023, ce qui suggère une fragilité persistante de certains segments.
L’institut identifie plusieurs branches comme principaux contributeurs à la baisse du bénéfice sur la période analysée : « extraction des produits des hydrocarbures et d’autres produits énergétiques », « travail des grains et fabrication des produits amylacés » et « industrie du lait, des fruits et légumes et des autres produits alimentaires ». Ces secteurs, à la croisée des enjeux énergétiques et alimentaires, pèsent mécaniquement sur l’agrégat national lorsque leurs résultats se dégradent.
BRM
