
Afriland First Bank Cameroun met en avant la vigueur de son activité de financement pour consolider son positionnement sur le segment des PME/PMI. En 2025, la banque affirme avoir accordé plus de 1 200 milliards de FCFA de crédits aux entreprises privées, pour des encours de 1 667 milliards de FCFA. Elle revendique également 20 333 milliards de FCFA de dépôts collectés à travers son réseau de 100 agences au Cameroun, ainsi qu’un total bilan de 2 550 milliards de FCFA. Ces données ont été communiquées le 15 avril dernier par Célestin Nguela Simo, administrateur directeur général de l’établissement, lors de la signature de la convention conclue avec la Fondation Interprogress, organisatrice du Salon de l’entreprise, de la PME et du partenariat (Promote), dont la 25e édition est prévue du 12 au 21 juin 2026 à Yaoundé.
Au-delà de la présentation de ses résultats, Afriland cherche surtout à donner une portée stratégique à ses performances. A travers cette sortie, la banque veut apparaître non seulement comme un établissement financier solide, mais aussi comme un acteur étroitement connecté aux besoins du tissu productif. « Chez Afriland First Bank, notre engagement envers l’économie réelle ne se limite pas à des déclarations d’intention. Il se mesure à des résultats tangibles et vérifiables », soutient Célestin Nguela Simo.
Le cœur du discours est clairement orienté vers les PME/PMI. Le dirigeant met en avant « quarante ans d’audace, de proximité et d’innovation au service des PME, de l’entrepreneuriat et de l’économie réelle ». Il affirme par ailleurs que la banque finance ces entreprises, les accompagne dans leur structuration et leur apporte les leviers nécessaires à la transformation de leurs projets. En filigrane, Afriland cherche à se faire reconnaître non comme un simple prêteur, mais comme un partenaire de croissance pour les petites, moyennes et grandes entreprises.
Pour crédibiliser ce positionnement, l’établissement insiste aussi sur son maillage territorial. Avec 100 agences, y compris en zone rurale, la banque entend faire valoir sa proximité avec les opérateurs économiques sur l’ensemble du territoire. Elle met également en avant sa capacité à mobiliser des ressources destinées aux PME à travers des partenariats avec la SFI, Proparco et la BID. Cette articulation entre ancrage local et accès à des mécanismes de financement plus structurés nourrit le discours d’une banque qui veut se poser en interface entre les besoins concrets des entreprises et des ressources de long terme.
Cette ambition est en outre rattachée au plan stratégique Afriland Horizon 2030, présenté comme un cadre de contribution à l’émergence de « véritables champions économiques africains ». Le registre dépasse ainsi la seule communication bancaire pour s’inscrire dans une logique plus large d’accompagnement du développement entrepreneurial.
C’est dans cette perspective que la banque se projette déjà sur Promote 2026. Plus qu’un simple rendez-vous de visibilité institutionnelle, le salon apparaît, dans sa communication, comme une plateforme de contact direct avec le tissu entrepreneurial camerounais et sous-régional. Afriland y voit un espace où peuvent se nouer des partenariats, se structurer des projets et se renforcer les relations avec les entreprises.
L’établissement annonce d’ailleurs plusieurs mesures concrètes en lien avec cette participation. Il prévoit le financement intégral de la présence de 40 PME à Promote 2026, une décote de 30 à 35 % sur les coûts de participation pour les entreprises en relation avec lui, ainsi qu’un accompagnement annoncé comme complet pour ses clients exposants, mêlant conseil, mise en réseau et visibilité. Pour Célestin Nguela Simo, l’enjeu est de faire de ce salon « un véritable accélérateur de croissance ».
A travers cette séquence, Afriland cherche en réalité à convertir ses performances financières en argument de légitimation sur le marché du financement productif. En mettant en avant le volume de ses crédits aux entreprises, la taille de ses dépôts, l’importance de son bilan, l’étendue de son réseau et sa capacité à mobiliser des ressources extérieures, la banque veut conforter son image d’acteur de l’économie réelle. Son engagement affiché en faveur des PME à l’occasion de Promote 2026 participe de la même logique : transformer un discours de proximité en levier de consolidation commerciale sur un segment qu’elle présente comme central dans sa stratégie.
Baudouin Enama
