La CDEC et AGF lancent un mécanisme de 5 milliards FCFA pour faciliter l’accès des PME au crédit

Publié le 20/04/2026

La Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC) et l’African Guarantee Fund (AGF) s’apprêtent à signer, le 21 avril 2026 à Nairobi, au Kenya, un protocole d’accord destiné à jeter les bases d’un mécanisme de financement des PME au Cameroun. Selon des informations d’Investir au Cameroun, la cérémonie se déroulera en présence de Richard Evina Obam, directeur général de la CDEC, et de Constant N’ZI, directeur général d’AGF.  

L’enjeu est de taille d’après la CDEC. Au Cameroun, les PME représentent « plus de 80 % du tissu économique », mais continuent de buter sur les mêmes obstacles : garanties trop lourdes, accès difficile au crédit, conditions bancaires contraignantes et perception élevée du risque par les institutions financières. C’est pour tenter de desserrer cet étau que la CDEC et AGF misent sur un mécanisme combinant financements à long terme et « dispositif de garantie permettant de réduire les risques ».  

Doté d’une enveloppe pilote de 5 milliards de FCFA, ce mécanisme est présenté par la CDEC comme une « étape pilote structurante » dans la mise en œuvre progressive d’un outil destiné à améliorer le financement des entreprises locales. Au-delà de l’annonce, l’ambition affichée est claire : soutenir l’investissement productif, stimuler la croissance des entreprises camerounaises et favoriser l’émergence d’un tissu économique plus dynamique et plus résilient.  

Le dispositif ciblera en priorité des PME déjà structurées ou en phase d’amorçage, avec un accent particulier sur les projets à fort impact, notamment dans la transformation locale et le numérique. En clair, il ne s’agira pas de financer des idées encore au stade embryonnaire, mais des entreprises présentant déjà un certain niveau de maturité et un potentiel de croissance.  

Pour les promoteurs du projet, l’autre enjeu est celui de la crédibilité du mécanisme. Les parties promettent une gouvernance reposant sur un suivi actif de la CDEC, des critères stricts de sélection, des décaissements progressifs et un dispositif de suivi-évaluation destiné à sécuriser la performance et la pérennité des projets financés.  

Le calendrier, lui, est déjà balisé. Après la signature du 21 avril, une phase de structuration juridique et financière doit s’achever avant fin juin 2026, avec à la clé la signature de conventions tripartites avec les partenaires financiers. Les premiers financements sont annoncés pour juillet 2026, tandis qu’un point d’étape est prévu au 31 octobre 2026.  

Partenaire technique du dispositif, AGF est présenté comme une institution financière panafricaine créée en 2011 et spécialisée dans la garantie de crédit en faveur des PME africaines. Selon le données officielles, le fonds a déjà contribué à mobiliser plus de 6,5 milliards de dollars de financements au profit de plus de 40 000 PME sur le continent.  

Avec ce partenariat, la CDEC cherche ainsi à se positionner plus clairement sur le terrain du financement du développement, en s’attaquant à l’un des principaux freins à l’essor des PME : le risque perçu par les financeurs. Reste désormais à espérer que ce mécanisme passera rapidement du stade de l’architecture institutionnelle à celui du crédit effectivement décaissé.

Baudouin Enama