Affaire Ngarbuh : les militaires reconnus coupables, le verdict attendu le 19 janvier

Rédigé le 16/01/2026
Investir au Cameroun

Les trois membres des Forces de défense et de sécurité inculpés dans une tuerie de civils, dans la région du Nord-Ouest en février 2020, ont été reconnus coupables par le tribunal militaire de Yaoundé qui les jugeait. Le sergent Baba Guida, le gendarme Sanding Sanding Cyrille et le soldat de première classe Haranga ont été reconnus coupables de « meurtres, incendie et violences sur femme enceinte ».

Ils étaient accusés d’avoir mené une opération militaire dans le village de Ngarbuh, dans la région du Nord-Ouest, dans la nuit du 13 au 14 février 2020. Ceci alors que la région est en proie depuis 2017 à un conflit séparatiste entre l’armée et des groupuscules d’inspiration sécessionniste.

Cette opération punitive, menée en représailles contre des civils Mbororos Fulanis, a entraîné la mort de 13 personnes, dont 10 enfants et trois femmes. Cinq combattants auraient aussi été tués lors de l’opération. « Pris de panique, les trois militaires aidés de certains membres du comité de vigilance ont tenté de masquer les faits par des incendies », rapportera plus tard la commission d’enquête prescrite par le chef de l’État pour faire la lumière sur cette tuerie. Ceci alors que l’affaire a créé l’émoi au sein de l’opinion et entraîné une condamnation jusqu’au niveau international.

La commission d’enquête a établi les responsabilités. Le chef de bataillon Nyiangono Ze Charles Eric, commandant du 52e Bataillon d’infanterie motorisée, a été accusé de ne pas avoir supervisé l’opération menée par ses hommes, alors même qu’il était au fait des tensions communautaires existant dans la région. Une procédure disciplinaire a été engagée contre lui.

De son côté, le sergent Baba Guida a été accusé d’avoir associé des civils à une opération militaire et d’avoir ordonné l’incendie volontaire des maisons pour travestir le compte rendu de l’opération. Le gendarme Sanding Sanding Cyrille et le soldat de 1re classe Haranga ont tous les deux été accusés d’avoir participé à une opération ayant causé la mort de plusieurs personnes et d’avoir provoqué des incendies.

Il est à noter qu’aucun des civils du comité de vigilance ayant participé à cette opération n’a été arrêté.

L’affaire a été renvoyée au lundi 19 janvier prochain pour le prononcé du verdict et la constitution de la partie civile. Il s’agira en effet pour le tribunal d’attribuer des peines privatives de liberté aux accusés et de fixer les dommages et intérêts.

Ludovic Amara