Au moins 14 civils de la communauté mbororo, dont plusieurs femmes et enfants, ont été tués à l’aube du 14 janvier 2026 à Gidado, dans l’arrondissement de Ndu (région du Nord-Ouest), lors d’une attaque armée. Au lendemain du drame, l’ONG Mboscuda, le Social Democratic Front (SDF) et l’avocat Me Nkongho Felix Agbor ont appelé les autorités à ouvrir une enquête et à interpeller les responsables.
Selon des autorités régionales citées par la presse, le bilan initial fait état de 14 morts — un homme, six femmes et sept enfants âgés de 2 à 11 ans. Un chef local a, pour sa part, évoqué au moins 15 victimes. Aucune organisation n’avait revendiqué l’attaque dans l’immédiat.
Mboscuda dénonce des attaques « ciblées » et demande des poursuites
Dans un communiqué, la Mbororo Social and Cultural Development Association (Mboscuda) dit condamner des attaques « ciblées, répétées », ainsi que des enlèvements contre rançon et des meurtres visant des Mbororo dans le Nord-Ouest. L’organisation attribue ces violences aux séparatistes ambazoniens et affirme disposer de statistiques cumulées faisant état de centaines de victimes et de dégâts matériels importants au sein de la communauté.
Toujours dans ce communiqué, Oumarou Sanda, secrétaire général de Mboscuda, demande au gouvernement « d’ouvrir une enquête » afin de déterminer les auteurs des exactions et de les traduire devant les juridictions compétentes.
Le SDF a déclaré être « horrifié et profondément indigné » par l’attaque, qu’il attribue à des assaillants séparatistes. Le parti estime qu’« aucune cause » ne peut justifier le meurtre de civils non armés. Il appelle à une cessation immédiate des attaques contre les populations et à des mesures « urgentes et efficaces » pour protéger les civils dans les régions affectées par le conflit, « en particulier les plus vulnérables ».
Le SDF demande également que les responsables de la tuerie soient identifiés et traduits en justice.
La violence contre les non-combattants, un crime
Me Nkongho Felix Agbor, avocat et défenseur des droits de l’homme, a aussi réagi en soulignant la présence d’enfants parmi les victimes. Il rappelle que le ciblage délibéré de civils constitue une violation grave du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et affirme qu’aucun objectif politique ne saurait justifier un massacre de non-combattants.
L’attaque est survenue dans une région affectée par la crise sécuritaire dans les zones anglophones du Cameroun. Selon des éléments rapportés par l’Associated Press, les séparatistes ont, par le passé, accusé certaines communautés mbororo de soutenir les forces gouvernementales — une accusation contestée par des membres de la communauté.
Thierry Christophe Yamp