Le ministère britannique de l’Intérieur (Home Office) a annoncé qu’il refuserait les visas étudiants aux ressortissants camerounais à compter du 26 mars 2026, selon les informations communiquées ce jour. Le Cameroun figure parmi quatre pays visés, aux côtés de l’Afghanistan, du Soudan et de la Birmanie (Myanmar), dans le cadre d’un dispositif présenté comme une mesure d’« emergency brake » appliquée aux visas étudiants.
Les autorités britanniques expliquent cette mesure par des « abus » attribués à des demandeurs de visa issus de ces pays, accusés d’entrer au Royaume-Uni via un visa étudiant puis de déposer une demande d’asile sur place. « Notre système de visas ne doit pas faire l’objet d’abus. C’est pourquoi je prends la décision sans précédent de refuser les visas aux ressortissants qui cherchent à exploiter notre générosité », a déclaré Shabana Mahmood, ministre britannique de l’Intérieur.
Politique de réduction de l’immigration
Selon les éléments disponibles, la mesure cible en particulier la bascule d’un statut étudiant vers l’asile, que le Home Office assimile à un détournement de la voie légale d’immigration.
Au-delà de l’argument d’« abus », l’annonce s’inscrit dans une stratégie plus large de maîtrise des flux migratoires. Le gouvernement de centre-gauche du Premier ministre Keir Starmer met en avant une pression élevée sur le système d’asile : 108 138 demandes en 2024, un record récent, puis 100 625 en 2025, en léger repli.
Le texte indique par ailleurs que les demandes d’asile introduites par des étudiants camerounais et soudanais auraient plus que quadruplé depuis 2021. Les sources britanniques citées dans la presse évoquent, plus largement, une forte hausse des demandes d’asile liées à des personnes entrées par des voies régulières, dont les visas étudiants.
Ludovic Amara