Le ministère de l’Éducation de base (Minedub) a lancé, mercredi 4 mars 2026 à Yaoundé, la vulgarisation nationale du règlement intérieur actualisé de l’école primaire camerounaise. La cérémonie, présidée par Vivian Asheri Kilo, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation de base, s’est tenue en présence de partenaires techniques et financiers, dont l’Unesco et la Banque mondiale, engagés dans l’appui à la modernisation du système éducatif.
Cette révision intervient dans un contexte de tensions croissantes à l’école : violences entre élèves, harcèlement, discriminations, consommation de stupéfiants, mais aussi dérives liées à l’usage des téléphones portables et des réseaux sociaux. À travers ce texte, les autorités veulent adapter le cadre disciplinaire aux réalités sociales et numériques qui s’imposent désormais dès le primaire.
Le document compte 26 articles répartis en neuf chapitres. Il précise les obligations des élèves, des enseignants et des parents, fixe les règles en matière d’assiduité, de tenue et de discipline, et encadre les sanctions applicables en cas d’infraction. Le texte privilégie toutefois la prévention et l’éducation aux comportements responsables, plutôt qu’une approche strictement punitive.
Selon la radio nationale, le nouveau règlement promeut le respect mutuel et la tolérance, condamne toutes les formes de violence — physique, verbale ou psychologique — et introduit des dispositions spécifiques contre le harcèlement scolaire. Il encadre également les comportements à risque et l’usage des outils numériques, avec l’objectif de limiter la diffusion de contenus inappropriés et les situations de cyberharcèlement. Au-delà de la discipline, le texte est présenté comme un outil d’apprentissage civique dès l’école primaire, destiné à renforcer les valeurs de responsabilité et de vivre-ensemble.
Une réforme inscrite dans le Parec
L’actualisation du règlement s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à la réforme de l’éducation au Cameroun (Parec), mis en œuvre avec l’appui de la Banque mondiale. Ce programme vise à améliorer l’accès à l’école, renforcer la qualité des enseignements et moderniser la gouvernance éducative.
Le Parec accompagne notamment la formation continue des enseignants, la révision des programmes et l’intégration progressive du numérique éducatif. Dans cette logique, le nouveau règlement intérieur est conçu comme un outil complémentaire pour sécuriser l’environnement scolaire et créer de meilleures conditions d’apprentissage.
Le ministère de l’Éducation de base prévoit désormais la vulgarisation du texte dans l’ensemble des écoles primaires du pays. Des sessions d’explication doivent être organisées à l’intention des responsables d’établissements, des enseignants et des associations de parents d’élèves, afin d’en assurer une appropriation homogène.
À travers cette initiative, les pouvoirs publics veulent consolider un cadre scolaire plus sûr, plus inclusif et mieux adapté aux mutations sociales, avec l’ambition de protéger les enfants et de les préparer aux exigences d’une société en évolution rapide.
Patricia Ngo Ngouem