Cameroun : 2,9 millions de personnes auront besoin d’assistance humanitaire en 2026, selon l’ONU

Rédigé le 06/03/2026
Investir au Cameroun

Le Cameroun fait face à des besoins humanitaires alimentés par trois crises simultanées. Dans la région de l’Extrême-Nord, le conflit du bassin du lac Tchad continue de provoquer des déplacements et d’accentuer les enjeux de protection, tandis que l’insécurité réduit l’accès aux services sociaux de base. Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la violence pèse sur le quotidien et entrave l’accès aux marchés, aux écoles et aux soins de santé. Dans l’Adamaoua, le Nord et l’Est, le pays accueille toujours des réfugiés de la République centrafricaine, dont une part importante vit en situation de déplacement depuis plusieurs années, confrontée à des risques de protection persistants et à des opportunités d’autonomisation limitées.

Dans ce contexte, le Cameroun reste classé parmi les crises humanitaires les plus négligées de la région. Violence et insécurité, déplacements forcés, chocs climatiques et risques pour la santé publique se cumulent et aggravent des fragilités déjà structurelles. « En 2026, environ 2,9 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire et de services de protection », indique le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dans « Cameroun : Besoins et plan de réponse humanitaires 2026 », publié le 5 mars 2026.

Contexte complexe

Derrière ce chiffre, l’ONU décrit des trajectoires de vulnérabilité durables : des familles ayant perdu leur foyer et leurs moyens de subsistance, des enfants dont la scolarité est interrompue à plusieurs reprises, et des communautés confrontées à des chocs successifs, alors même que l’espace humanitaire demeure contraint. Ces crises s’inscrivent dans un environnement où les carences de développement structurel et des vulnérabilités durables amplifient l’impact de chaque nouvel épisode de tension.

Les aléas climatiques aggravent encore la situation. Inondations et sécheresse endommagent à répétition les biens matériels, perturbent les moyens de subsistance et mettent sous pression des services déjà limités.

Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, l’insécurité et les contraintes d’accès ajoutent un niveau de complexité opérationnelle. En 2025, les contraintes documentées dans les zones touchées comprenaient des restrictions de mouvements, des obstacles administratifs retardant les opérations, ainsi que des incidents accroissant les risques pour les civils et pour les travailleurs humanitaires.

Thierry Christophe Yamb