La police municipale de la ville de Douala est intervenue récemment au quartier Bonaloka pour procéder à la mise en fourrière de plusieurs bœufs en divagation sur la voie publique. L’opération, annoncée par la Communauté urbaine de Douala (CUD) le 14 avril 2026, s’inscrit dans le cadre du renforcement de la sécurité et du respect de la réglementation en milieu urbain.
Selon la CUD, cette intervention vise à prévenir les risques que représente la présence d’animaux en liberté dans les zones fortement urbanisées. Le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, rappelle que la divagation des animaux est formellement interdite en milieu urbain. Elle constitue non seulement un danger pour les populations, mais perturbe également la circulation et expose les propriétaires à des sanctions prévues par les textes en vigueur.
Il faut souligner que la divagation des bœufs demeure un problème récurrent dans la capitale économique du Cameroun. Malgré les multiples rappels à l’ordre des autorités administratives et municipales, des troupeaux continuent d’être observés en pleine ville, parfois sans encadrement, au risque de provoquer des accidents ou des dégradations. Ce phénomène n’est d’ailleurs pas propre à Douala. Plusieurs villes du pays font face à la même réalité, où la cohabitation entre zones urbaines et activités d’élevage reste parfois mal encadrée.
À Douala, un précédent dramatique avait déjà marqué les esprits. En avril 2024, le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, avait interdit la divagation des bœufs après la mort tragique d’un moto-taximan au quartier Yassa, dans le 3ᵉ arrondissement. Le conducteur avait perdu la vie en tentant d’éviter un troupeau errant sur la chaussée.
Sur le plan juridique, la divagation des animaux est pourtant encadrée depuis plusieurs décennies. Le décret du 14 septembre 1976 portant réglementation de l’élevage, de la circulation et de l’exploitation du bétail, modifié en 1986, stipule en son article 2 que « la divagation des animaux à l’intérieur des périmètres urbains, dans les lieux et voies publics est interdite ».
Le texte prévoit également, via l’article 30, que les infractions sont punies conformément à l’article 370 du Code pénal. Les animaux en infraction peuvent être saisis et vendus aux enchères. Malgré ce dispositif légal, l’application reste un défi sur le terrain. Entre mobilité du bétail, manque de structures d’encadrement et difficultés de contrôle permanent, les autorités locales peinent à éradiquer totalement le phénomène.
P.N.N
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