Le Cameroun prépare un nouveau dispositif national pour mesurer les compétences des élèves du primaire en français, en anglais et en mathématiques. L’objectif est de dépasser la seule lecture des résultats aux examens afin de disposer de données plus précises sur les apprentissages réels et les difficultés rencontrées dans les salles de classe.
Le dispositif est développé dans le cadre du Programme d’appui à la professionnalisation du métier de l’enseignant au Cameroun (Papmec), financé par le Partenariat mondial pour l’éducation, avec l’appui technique de l’Unesco.
Selon l’agence onusienne, les travaux se sont déroulés en deux étapes. La première a porté sur la définition des compétences à évaluer. Après des observations réalisées dans 25 salles de classe à travers le pays, des spécialistes de l’Unité pilote des acquis scolaires, du ministère de l’Éducation de base et de l’Unesco se sont réunis à Soa, du 25 mai au 2 juin 2026, pour élaborer et valider un cadre national de référence.
Ce document doit préciser les connaissances et compétences fondamentales attendues des élèves du primaire. Il servira également de base commune à la conception des prochaines évaluations nationales.
« Ce cadre de référence constitue désormais la boussole pour produire durant les quatre prochaines années des données fiables sur les apprentissages des élèves au primaire, orienter les politiques éducatives et accompagner la professionnalisation des enseignants, objectif central du Papmec », indique l’Unesco.
Des tests en français, en anglais et en mathématiques
La deuxième étape a porté sur la conception des instruments d’évaluation. Du 8 au 17 juin 2026 à Douala, des inspecteurs pédagogiques, des enseignants issus des sous-systèmes francophone et anglophone, ainsi que des spécialistes de l’évaluation scolaire ont élaboré les outils destinés aux prochaines opérations de collecte.
Les participants ont notamment constitué des banques de questions en français, en anglais et en mathématiques. Des questionnaires ont également été préparés à l’intention des élèves, des enseignants et des responsables d’établissements.
Ces questionnaires doivent permettre d’aller au-delà des résultats obtenus aux tests. Ils serviront à documenter les conditions d’enseignement, l’environnement scolaire et les facteurs susceptibles d’influencer les performances des élèves.
Les instruments devront encore être expérimentés sur le terrain avant leur déploiement à plus grande échelle. Leur conception a reposé sur des phases de production, de relecture et de validation collective, selon l’Unesco.
Identifier plus tôt les difficultés d’apprentissage
La mise en place de ce dispositif doit permettre au ministère de l’Éducation de base d’identifier plus précisément les compétences insuffisamment maîtrisées par les élèves et de suivre leur évolution dans le temps.
Les résultats pourraient notamment servir à adapter les programmes scolaires, la formation des enseignants et l’allocation des moyens entre les établissements ou les zones présentant les difficultés les plus importantes.
Le système devra aussi mesurer les écarts entre les régions, les établissements, les sous-systèmes éducatifs et les différentes catégories d’élèves. L’enjeu sera toutefois de transformer les données collectées en mesures concrètes, notamment dans les domaines de la formation pédagogique, des manuels scolaires et de l’accompagnement des élèves en difficulté.
Le Cameroun cherche ainsi à renforcer une approche de la politique éducative fondée sur les données. La qualité du futur système dépendra néanmoins de la représentativité des élèves évalués, de la régularité des enquêtes et de la publication effective de leurs résultats.
Patricia Ngo Ngouem