Les Camerounais âgés de 15 à 30 ans peuvent postuler jusqu’au 11 septembre 2026 à 23 h 59 pour l’une des 646 places d’apprentissage ouvertes par le Projet d’appui au développement de l’enseignement secondaire et des compétences pour la croissance et l’emploi (PADESCE). Lancé le 28 août, l’appel prévoit des parcours de quatre à cinq mois au maximum, effectués à environ 80 % dans une entreprise et à 20 % dans un centre de formation.
Le programme mobilise 18 entreprises partenaires et 244 maîtres d’apprentissage. Les candidats doivent présenter le diplôme ou justifier du niveau de qualification exigé pour le métier choisi, sans dépasser le niveau de technicien. Les dossiers sont déposés exclusivement sur la plateforme officielle du programme.
Les 646 places sont réparties entre 17 domaines : industrie métallique et métallurgique, automobile, agroalimentaire et aquaculture, hôtellerie-restauration, transport et logistique, bâtiment et travaux publics, informatique, numérique et cybersécurité, énergies renouvelables, agro-industrie, agriculture, sylviculture, santé ou encore stylisme et modélisme. Les métiers retenus correspondent, selon le PADESCE, aux besoins exprimés par les entreprises d’accueil.
Le nombre de places finalement proposé dépasse de 146 celui présenté par le projet en novembre 2025, lorsque le PADESCE annonçait encore la mise en apprentissage de 500 jeunes. La hausse atteint 29,2 %. Le cadre de résultats de la Banque mondiale retenait également un objectif de 500 bénéficiaires pour ce dispositif.
Une formation financée, sans budget propre publié
Le PADESCE prend en charge les frais de formation théorique, l’assurance des apprentis, les kits, les équipements de protection individuelle et les frais d’évaluation certificative. Des subsides sont également prévus pour les apprentis, ainsi que des primes pour les maîtres d’apprentissage. L’appel ne précise toutefois ni le montant de ces allocations ni le budget global affecté à la cohorte.
Le projet est financé par un crédit concessionnel de 112,4 millions d’euros accordé au Cameroun par l’Association internationale de développement, guichet de la Banque mondiale. Au taux fixe de 655,957 FCFA pour un euro, cette enveloppe correspond à 73,73 milliards de FCFA. Elle ne finance pas uniquement les 646 apprentissages : elle couvre aussi les interventions du PADESCE dans l’enseignement secondaire général, le développement des compétences ainsi que la gestion et l’assistance technique du projet.
Présenter ces 73,73 milliards de FCFA comme l’investissement consenti pour les 646 apprentis conduirait donc à surévaluer fortement les moyens consacrés à cette opération particulière. Aucun coût par apprenti ne peut être calculé à partir des documents publiés.
L’apprentissage ne vaut pas promesse d’embauche
Après l’examen administratif des dossiers, la procédure prévoit une présélection, un test d’aptitude, un entretien, une évaluation des compétences comportementales et une mise en relation avec les entreprises. Les candidats retenus signeront un contrat d’apprentissage.
Ce contrat n’oblige toutefois pas l’entreprise d’accueil à recruter l’apprenti au terme de la formation. L’appel ne fixe ni taux d’embauche attendu ni engagement de recrutement à la charge des 18 entreprises partenaires. Il encourage les candidatures féminines, celles des personnes vivant avec un handicap compatible avec les métiers proposés et celles des jeunes originaires des dix régions, sans publier de quota par catégorie ou par région.
Le cadre de résultats du PADESCE mesure pourtant l’efficacité des formations à partir de la proportion de diplômés ayant trouvé un emploi ou créé leur activité six mois après leur sortie. La cible est une progression de 15 points par rapport à la situation de départ. Dans son rapport de suivi archivé le 5 septembre 2025, la Banque mondiale indiquait que cette donnée n’était pas encore disponible et qu’une nouvelle enquête de suivi devait être réalisée en 2026. L’appel du 28 août ne fournit pas de résultat actualisé sur l’insertion des précédents bénéficiaires.
Les dernières données nationales remontent à 2021
Les chiffres de la troisième Enquête sur l’emploi et le secteur informel (EESI3) permettent de situer l’opération, mais ils ne décrivent pas le marché du travail camerounais en 2026. Les données ont été collectées à partir du 10 mai 2021 et le rapport principal a été publié par l’Institut national de la statistique le 1er novembre 2023.
Selon cette enquête, le taux d’emploi des 15-34 ans s’établissait à 39,3 %, contre 50,8 % pour l’ensemble de la population âgée de 14 ans ou plus. Il atteignait 47,2 % chez les jeunes hommes et 31,3 % chez les jeunes femmes. L’informel concentrait 86,6 % des emplois.
Le taux de chômage des personnes âgées d’au moins 14 ans était estimé à 6,1 %. Le taux de 23 % souvent cité ne correspond pas au seul sous-emploi : il combine le chômage et le sous-emploi lié à une durée de travail insuffisante. La mesure composite de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, qui ajoute notamment la main-d’œuvre potentielle, atteignait 26,2 %.
Les taux de 27,3 % pour les 15-34 ans et de 30 % pour les 15-24 ans mentionnés dans la version initiale n’apparaissent pas, sous cette définition, dans le rapport principal officiel de l’EESI3. Ils ont donc été retirés. Pour les 646 bénéficiaires, le résultat pertinent restera le nombre d’apprentis ayant obtenu une certification, puis un emploi ou une activité indépendante six mois après la formation.
P.N.N