Legislatives/Municipales 2027 : malgré le risque d'élimination, le MRC appelle ses militants à préparer leur candidatures

Rédigé le 01/09/2026
Investir au Cameroun

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) appelle ses militants à préparer les prochaines élections législatives et municipales, que le parti attend en 2027, malgré le différend qui l’oppose au ministère de l’Administration territoriale (MINAT) sur la direction habilitée à l’engager. L’appel figure dans un communiqué signé le 31 août 2026 par Justin Roger Noah, secrétaire général adjoint chargé de la communication, au lendemain de la dispersion d’une réunion du parti à Bertoua, dans la région de l’Est.

Selon le MRC, son Assemblée régionale des structures se tenait le dimanche 30 août dans un domicile privé clôturé, avec des participants identifiés, lorsqu’un contingent de gendarmes y a mis fin. Le parti attribue cette intervention à une instruction du sous-préfet de Bertoua II, Orfeo Benasconi Nkomo Mimbo’o.

Le secrétaire de la fédération régionale et celui de la fédération départementale du Lom-et-Djerem auraient été interpellés, puis remis en liberté. L’infraction invoquée aurait été celle de « réunion publique non déclarée ». Ces circonstances sont rapportées par le MRC. La version de l’administration n’apparaissait pas dans les sources consultées au 1er septembre.

Le parti conteste la qualification de réunion publique. L’article 2 de la loi n° 90/055 du 19 décembre 1990 définit comme publique toute réunion tenue dans un lieu public ou ouvert au public. L’article 3 soumet cette catégorie de réunion à une déclaration préalable.

Le différend porte donc sur la nature du lieu et ses conditions d’accès. Si la description fournie par le MRC — un domicile fermé et des invités connus — est établie, la qualification de réunion publique peut être contestée. Elle ne suffit cependant pas à trancher définitivement la légalité de l’intervention.

Un différend susceptible de peser sur les investitures

Cette nouvelle confrontation intervient après une lettre datée du 19 août 2026 dans laquelle le MINAT indique ne pas pouvoir prendre acte du procès-verbal de la convention extraordinaire du MRC organisée en ligne le 21 décembre 2025. Cette réunion avait reconduit Maurice Kamto à la présidence du parti avec 95,44 % des suffrages exprimés, selon les résultats publiés par le MRC.

Le ministère considère que seuls les organes issus de la troisième convention ordinaire, tenue les 9 et 10 décembre 2023, restent valides. Il invoque notamment l’arrêté du 27 novembre 2025 par lequel le sous-préfet de Yaoundé IV avait interdit la convention initialement prévue en présentiel. Le MRC répond que la convention du 21 décembre s’est tenue en ligne et affirme avoir transmis à l’administration les modifications de ses textes internes autorisant cette formule.

La position du MINAT ne vaut ni dissolution du parti ni rejet anticipé de ses candidatures. Elle pourrait cependant provoquer un contentieux sur l’autorité habilitée à délivrer les investitures.

Pour les législatives comme pour les municipales, le Code électoral exige que le dossier de chaque candidat comporte une attestation par laquelle son parti le parraine. La contestation persistante de la direction du MRC pourrait donc nourrir un différend sur la validité de ces documents. L’examen des listes relève du Conseil électoral d’Elections Cameroon et les décisions de rejet peuvent faire l’objet de recours. À ce stade, parler d’une élimination déjà acquise serait juridiquement excessif.

Un horizon 2027, mais pas de calendrier commun arrêté

Le mandat des députés a été prorogé jusqu’au 20 décembre 2026 par la loi n° 2026/001 du 25 mars 2026. L’article 15 de la Constitution prévoit, dans cette situation, que l’élection de la nouvelle Assemblée nationale se tienne au moins quarante jours et au plus cent vingt jours après l’expiration du mandat. À droit constant, cette règle situe les législatives entre le 29 janvier et le 19 avril 2027.

Le mandat des conseillers municipaux a, lui, été prolongé jusqu’au 28 février 2027 par le décret n° 2026/166 du 4 mai 2026. La réforme du Code électoral du 14 avril 2026 permet au président de la République de proroger ou d’abréger ce mandat après consultation du gouvernement, sans fixer dans cette disposition un délai maximal pour l’organisation du scrutin. Les textes officiels consultés au 1er septembre 2026 ne fixent ni la date des législatives et des municipales ni le principe de leur tenue le même jour.

Dans son communiqué, le MRC rattache l’incident de Bertoua à l’exclusion de Maurice Kamto de l’élection présidentielle de 2025, devenue définitive le 5 août après le rejet de son recours par le Conseil constitutionnel, à l’interdiction de sa convention du 27 novembre 2025 et au refus du MINAT de prendre acte de la direction élue en décembre.

Malgré cette séquence, le parti appelle ses militants à poursuivre la préparation électorale. « Ne baissez pas les bras. Préparez-vous pour les élections législatives et municipales. Dans la sérénité, mais dans la détermination », écrit Justin Roger Noah. Cet appel traduit la volonté affichée du MRC de revenir dans la compétition parlementaire et municipale, après son boycott du double scrutin du 9 février 2020.

Ludovic Amara