Le gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, a annoncé, le 1er septembre 2026, une amende de 25 000 FCFA contre toute personne surprise en train de jeter des ordures ménagères sur la voie publique à Yaoundé. La mesure a été rendue publique au terme d’une tournée effectuée avec le préfet du Mfoundi, Emmanuel Mariel Djikdent, dans plusieurs quartiers des arrondissements de Yaoundé III et VI.
De Nsimeyong à Maison Blanche, à Biyem-Assi, en passant par la montée de la Chapelle et Etoug-Ebe, la délégation administrative devait vérifier l’application des mesures arrêtées après la réunion présidée le 28 août par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, sur l’insalubrité dans la capitale.
La communication publiée à l’issue de cette descente ne précise toutefois ni l’acte fixant l’amende, ni les agents habilités à constater l’infraction, ni la procédure de verbalisation et de recouvrement. Elle n’indique pas davantage la date de son entrée en vigueur ou les voies de contestation ouvertes aux personnes sanctionnées. À ce stade, les 25 000 FCFA constituent donc un montant annoncé, dont l’application reste à organiser.
Des sanctions déjà annoncées en janvier
Le recours à la contrainte n’est pas nouveau. Le 21 janvier 2026, Paul Atanga Nji avait déjà annoncé des poursuites contre les personnes déposant leurs déchets en dehors des sites autorisés. Il avait demandé aux mairies de signaler clairement les emplacements interdits. L’annonce du gouverneur fixe cette fois un montant précis, sans qu’un bilan public des mesures précédentes soit disponible.
Le nombre d’infractions constatées, de procès-verbaux dressés et d’amendes effectivement recouvrées n’a pas été communiqué. Il n’existe pas non plus de données publiques permettant de comparer l’évolution des dépôts sauvages avant et après les précédentes mises en garde. En l’absence de ces indicateurs, il est impossible de mesurer leur effet sur les comportements.
Le montant de l’amende ne suffira pas à lui seul à produire un effet dissuasif. Celui-ci dépendra aussi de la fréquence des contrôles, de la probabilité d’être verbalisé et de l’effectivité du recouvrement. Une sanction rarement appliquée perd rapidement sa portée, quel que soit son montant.
La régularité de la collecte reste décisive
L’interdiction des dépôts sur la voie publique suppose parallèlement l’existence de points de dépôt accessibles et d’un service d’enlèvement prévisible. Le Code général des collectivités territoriales décentralisées confie à la Communauté urbaine la collecte, l’enlèvement et le traitement des ordures ménagères. La police municipale, exercée par les agents de la Communauté urbaine ou des communes d’arrondissement, est chargée de veiller à la salubrité publique.
Les autorités ont également annoncé des journées de collecte chaque vendredi. Les informations rendues publiques ne précisent cependant ni les quartiers couverts, ni les horaires, ni les points où les ménages devront déposer leurs déchets. La diffusion de ce calendrier sera nécessaire pour distinguer les dépôts irréguliers des déchets laissés à proximité d’un point de collecte en attente d’enlèvement.
L’évaluation de la mesure dépendra ainsi de données encore absentes : nombre de contrôles, sanctions prononcées et recouvrées, couverture des quartiers par la collecte, fréquence des enlèvements et évolution des dépôts sauvages.
Patricia Ngo Ngouem
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