Crise anglophone : ICG alerte sur un risque de perturbation de la rentrée du 7 septembre

Rédigé le 03/09/2026
Investir au Cameroun

A quatre jours de la rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 7 septembre, International Crisis Group (ICG) alerte sur le risque que les violences enregistrées en août dans les régions anglophones perturbent la reprise des classes. « La montée de la violence dans les régions anglophones pourrait affecter la réouverture des écoles en septembre », prévient l’organisation dans son suivi mensuel des conflits publié le 2 septembre 2026.

ICG fonde cette alerte sur plusieurs incidents recensés au cours du mois d’août. Dans le Nord-Ouest, l’organisation rapporte que des séparatistes ont attaqué, le 5 août, la brigade de gendarmerie de Nkor pour tenter de libérer des combattants détenus sur place, avant de se heurter à la riposte des forces de sécurité.

Le 11 août, des hommes armés ont également intercepté des passagers sur l’axe Batibo-Mamfe. ICG évoque l’enlèvement d’environ 20 civils. Ce bilan diffère de celui rapporté par Xinhua qui, citant des habitants et des sources sécuritaires, a fait état d’au moins 13 personnes emmenées dans la brousse par les assaillants, lesquels auraient ensuite réclamé une rançon.

Dans le Sud-Ouest, ICG signale une embuscade contre un convoi militaire sur l’axe Buea-Muyuka le 8 août, puis des affrontements entre séparatistes et forces de défense près de Buea le 15 août.

Cette recrudescence intervient à l’approche de la rentrée scolaire, une période régulièrement exposée aux effets du conflit dans les deux régions anglophones. Depuis le déclenchement de la crise sociopolitique en 2016 puis son basculement dans la confrontation armée, établissements, enseignants et élèves ont été affectés par les violences, les restrictions de mouvement et les opérations de boycott scolaire.

Plus de 88 attaques contre l’éducation signalées au premier semestre

Le secteur éducatif reste directement exposé. Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 88 attaques visant l’éducation ont été signalées entre janvier et juin 2026. Des établissements ont été pris pour cible et des enseignants confrontés notamment à des intimidations et à des enlèvements.

Les restrictions de mouvement, prises d’otages et points de contrôle illégaux compliquent également l’accès aux écoles et à d’autres services essentiels dans les zones touchées par les violences.

Le gouvernement renforce le dispositif sécuritaire

Face aux risques entourant la rentrée, le gouvernement a réuni son dispositif sécuritaire le 26 août au ministère de la Défense. Autour du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, étaient notamment représentés le ministère de l’Administration territoriale, la Sûreté nationale, la Gendarmerie nationale, les services de renseignement et le haut commandement militaire.

Parmi les points de vigilance identifiés figure la persistance de mots d’ordre de « villes mortes » le lundi dans certaines localités du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. À l’issue de la réunion, Joseph Beti Assomo a prescrit l’intensification des opérations de sécurisation, en coordination avec les autorités administratives et les acteurs locaux, en prélude à la reprise des cours prévue le 7 septembre.

Thierry Christophe Yamb