
Le 12 janvier 2026 à Yaoundé, le directeur général des Élections, Erik Essousse, a lancé officiellement la révision annuelle des listes électorales pour l’année 2026. La campagne est placée sous le thème « Inscription massive des femmes et des jeunes sur les listes électorales pour une participation accrue au processus électoral » et cible prioritairement ces deux catégories de la population.
Le message est décliné en slogan — « Jeunes et femmes, 2026 vous appartient » — visible sur un visuel partagé par Elections Cameroon (Elecam) sur sa page Facebook. À travers cette séquence, l’organe en charge des élections met l’accent sur l’élargissement du fichier, avec l’enjeu d’une participation plus large au processus électoral.
Cette révision s’ouvre dans un contexte électoral chargé. Les élections législatives et municipales prévues cette année au Cameroun devraient se tenir plus tôt que d’habitude, possiblement en mai ou en août, alors que la date traditionnelle de clôture des inscriptions est fixée au 31 août. Initialement prévues en février 2025, ces élections ont été reportées à plusieurs reprises par le président Paul Biya.
Un décret du 24 juillet 2024 a prorogé le mandat des exécutifs municipaux jusqu’au 31 mai 2026, tandis que celui des députés s’achèvera le 30 mars 2026. Pour Elecam, ces décalages renforcent l’importance de la révision des listes, à la fois pour la représentativité des institutions et pour la participation citoyenne lors des scrutins à venir.
Selon les statistiques publiées le 9 octobre 2025, à la veille de la présidentielle du 12 octobre, le fichier électoral camerounais comptait 8 010 464 électeurs. Parmi eux, 34 411 résidaient à l’étranger, répartis dans 108 bureaux de vote à l’international, soit 0,43 % du corps électoral. Au plan national, Elecam recensait 4 293 897 hommes et 3 716 567 femmes, répartis dans 31 653 bureaux de vote à travers le pays.
La jeunesse apparaissait alors comme un bloc central : 2 581 965 électeurs âgés de moins de 35 ans, représentant 32,2 % du corps électoral. Le texte souligne que cette catégorie, souvent la plus touchée par le chômage et la plus critique envers le système, pourrait jouer un rôle déterminant, notamment lors des élections législatives à venir.
Elecam affirme avoir mobilisé son personnel depuis le 2 janvier dernier et se dit conscient de ces enjeux. L’objectif affiché est de renforcer la représentativité des institutions en consolidant le corps électoral et en encourageant une participation massive, avec un accent particulier sur les jeunes et les femmes. Ces publics sont ciblés à la fois pour leur poids démographique et leur rôle potentiel dans les scrutins à venir, mais aussi au nom d’une continuité politique : Paul Biya a annoncé que les jeunes et les femmes seront au cœur de son nouveau septennat, en insistant sur leur importance stratégique pour le futur politique du pays.
P.N.N
Lire aussi:
Agenda politique : des élections législatives et municipales possibles en mai ou en août 2026
