
Les rapatriements volontaires de réfugiés nigérians du camp de Minawao, dans la région de l’Extrême-Nord, se poursuivent. Le 27 janvier 2026, 297 ressortissants ont quitté le site, lors d’une cérémonie officielle organisée sous la supervision du gouverneur de la région, du représentant du gouverneur de l’État de Borno — chargé de les accueillir au Nigeria — et d’un représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Selon les responsables, ce départ constitue le premier de l’année et s’inscrit dans une phase plus large de retours volontaires : 577 ménages, soit environ 3 122 personnes, sont concernés par les rapatriements programmés. Cette séquence illustre une gestion par vagues, fondée sur le principe du volontariat et l’organisation logistique conjointe des autorités et des partenaires internationaux.
À cette occasion, le gouverneur de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakary, a rappelé que le camp de Minawao — le plus grand du Cameroun — abrite aujourd’hui environ 75 000 réfugiés nigérians. Ouvert en 2013, le camp a été créé pour accueillir des Nigérians fuyant les exactions de Boko Haram, alors particulièrement actif dans le nord-est du Nigeria. « Nous leur avons même offert des terres pour la pratique de leurs cultures », a-t-il déclaré, en insistant sur l’appui consenti aux populations déplacées.
La pression démographique sur le site s’est installée durablement. Selon des chiffres des Nations unies, la population du camp est passée de 6 000 à 30 000 réfugiés en moins d’un an. Conçu pour 20 000 personnes, Minawao comptait déjà plus de 50 000 réfugiés nigérians fin 2015. Cet afflux a contribué à alimenter des tensions avec les communautés hôtes, notamment autour de l’accès aux terres et de la distribution de l’aide humanitaire.
Les autorités rappellent toutefois les limites juridiques et politiques du dispositif. En vertu d’un accord tripartite entre le Cameroun, le Nigeria et le HCR, ainsi que des conventions internationales, aucun rapatriement forcé n’est applicable : seul le retour volontaire est autorisé. Ces opérations sont organisées régulièrement, non seulement pour les réfugiés nigérians de l’Extrême-Nord, mais aussi pour les réfugiés centrafricains installés dans la région de l’Est.
Ludovic Amara
Lire aussi :
Camp de Minawao : environ 2 000 réfugiés sur le départ, le plus gros contingent en deux ans
