CM14 de l’OMC : une mission d’inspection à Yaoundé pour jauger l’état de préparation du Cameroun

Rédigé le 05/02/2026
Investir au Cameroun

À moins de deux mois de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (CM14), prévue du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé, le Cameroun accueille depuis le 2 février 2026 une mission d’évaluation du Secrétariat de l’OMC chargée d’apprécier le niveau de préparation du pays hôte. Il s’agit de l’ultime mission avant la tenue de ce rendez-vous planétaire, a annoncé le ministère du Commerce.

Conduite par l’ambassadeur Santiago Wills, directeur des conseils et des négociations commerciales à l’OMC et président de la Task-force de l’Organisation pour la CM14, la délégation examine l’ensemble du dispositif logistique et organisationnel mis en place par les autorités camerounaises.

Selon le ministère du Commerce, cette mission doit réaliser un examen approfondi des principaux leviers de l’organisation. Les experts inspectent notamment le Palais des congrès, site principal de la Conférence, les infrastructures de transport, les capacités hôtelières, ainsi que les dispositifs de sécurité et de communication. L’ensemble doit répondre aux standards internationaux exigés pour un événement de cette envergure, qui réunira près de 4 000 délégués issus des 166 pays membres de l’OMC, d’après les chiffres communiqués.

Reçue en audience le mardi 3 février par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana — également président de la CM14 — la mission a été rassurée sur l’engagement des autorités camerounaises. « Tout le monde est mobilisé au Cameroun. De la plus haute autorité de la République au peuple en passant par le secteur privé et la société civile », a déclaré le ministre. Cette dynamique a été renforcée par les instructions du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, qui, lors d’une réunion interministérielle tenue le 21 janvier dernier, a prescrit aux différentes parties prenantes « d’accélérer les préparatifs ».

Des contraintes à lever en urgence

Ces assurances interviennent toutefois alors que plusieurs défis opérationnels demeurent. Lors de la réunion avec le Premier ministre, le ministre du Commerce a fait état de contraintes administratives, notamment au niveau des services douaniers, qui ralentissent la réhabilitation de l’hôtel Mont Febe, appelé à accueillir des délégations de haut niveau. Une grande partie du matériel nécessaire est importée, afin de permettre à l’établissement de répondre aux standards exigés par l’OMC. Le gouvernement a donc donné des instructions pour lever ces blocages.

Sur le plan financier, les travaux nécessitent une enveloppe globale de 3 milliards de FCFA. Après un premier décaissement de 600 millions de FCFA, puis un complément de 500 millions de FCFA, un autre demi-milliard de FCFA est attendu dans les prochains jours, a indiqué la Primature à l’issue de ladite réunion. Par ailleurs, apprend-on, des démarches sont engagées pour satisfaire les demandes spécifiques de certaines délégations (États-Unis, Chine, Inde, Israël…) en matière d’hébergement.

Au Palais des congrès, une mission d’assistance technique chinoise a été déployée pour les travaux de réhabilitation. Là encore, des problèmes de dédouanement du matériel ont été soulevés, le Premier ministre instruisant qu’ils soient rapidement réglés afin de respecter les délais.

Autre point sensible : l’accès à Internet, source de frictions fréquentes entre opérateurs de télécoms et abonnés au Cameroun. Pour réduire ce risque, il est indiqué qu’en dehors de Camtel, l’opérateur public, des « opérateurs privés » ont été sollicités pour garantir une connectivité fiable.

Au-delà des aspects logistiques, l’accueil de la CM14 revêt une dimension politique et diplomatique pour le Cameroun. L’enjeu est de démontrer la capacité du pays à porter la voix de l’Afrique sur la scène internationale et à s’inscrire pleinement dans le système commercial multilatéral fondé sur des règles. Le Cameroun sera, selon le ministère du Commerce, le premier pays d’Afrique centrale à accueillir une Conférence ministérielle de l’OMC, onze ans après Nairobi (Kenya) en 2015. « Une responsabilité que le pays entend assumer pleinement », assure le ministère.

Patricia Ngo Ngouem

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