Nord : la Douane intercepte 1 829 armes blanches et produits dangereux en partance pour le Tchad

Rédigé le 05/02/2026
Investir au Cameroun

Les services des Douanes camerounaises ont procédé, le 4 février 2026, à une importante saisie d’armes blanches et de produits dangereux dans la région du Nord. L’opération a été menée conjointement par les éléments de la brigade commerciale des Douanes de Touboro et ceux du poste de Bogdibo, lors d’un contrôle à un check-point frontalier.

Selon les informations communiquées, le chargement — transporté sur une motocyclette à destination du Tchad — comprenait 1 760 flèches, dont 40 empoisonnées, une boîte de comprimés de diazépam, cinq haches, 20 étriers, 19 étuis de flèches empoisonnées, 15 couteaux, sept étuis vides, ainsi que deux colis de substances assimilées à du poison, selon certaines sources. Au total, 1 829 armes blanches et produits dangereux ont été interceptés.

Pour plusieurs observateurs, cette saisie a permis d’éviter un risque sécuritaire majeur, susceptible de déboucher sur des attaques ciblées, des affrontements violents ou des crimes graves. L’opération intervient dans un contexte local déjà tendu : depuis la semaine précédente, un conflit intercommunautaire oppose Toupouri et Peuls dans la région du Nord. À Touroua, ces affrontements ont causé la mort de six personnes. Les enquêtes sont en cours afin d’établir les contours exacts de cette affaire de sécurité à dimension transnationale.

La veille, le 3 février 2026, les services des Douanes avaient déjà réalisé une autre interception significative. Les éléments du poste de Mayo-Salah, toujours dans le Nord, ont immobilisé un car transportant des marchandises de contrebande. La cargaison comprenait 50 cartons de chicha, six colis de produits pharmaceutiques, 12 plaques solaires, cinq colis de pièces détachées, cinq colis de pagnes et tissus, cinq colis d’articles de mercerie, 30 cartons de lait en poudre et cinq cartons de lait de toilette. La procédure contentieuse est en cours.

Un environnement sous haute tension

Ces saisies successives interviennent quelques jours après la célébration de la Journée internationale de la Douane, le 26 janvier 2026. Le thème retenu pour cette 73ᵉ édition était : « Une Douane qui protège la société par sa vigilance et son engagement ». À cette occasion, le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, avait rappelé le rôle stratégique de l’administration douanière.

« Ce thème rappelle une vérité fondamentale : la Douane n’est pas seulement une administration fiscale chargée de la collecte des recettes pour le Trésor public. La Douane est avant tout une administration de protection, une sentinelle au service de la sécurité et du bien-être de nos concitoyens », avait-il déclaré lors du lancement des activités commémoratives.

Selon le Minfi, cette mission de protection implique une vigilance permanente aux frontières, sur les axes routiers, dans les ports et les aéroports. Elle exige également un engagement total des agents, appelés à servir avec probité, à résister aux tentations de corruption et à accomplir leurs missions malgré les risques et les contraintes, dans l’intérêt supérieur de la nation.

Au regard de cette série de saisies dans la région du Nord, la vigilance et l’engagement des agents des Douanes apparaissent fortement sollicités, dans un contexte sécuritaire marqué par des tensions communautaires et des flux transfrontaliers sensibles.

Thierry Christophe Yamb