Gendarmerie nationale : près de 30 000 candidats pour 3 340 places au concours de recrutement

Rédigé le 04/03/2026
Investir au Cameroun

Environ 30 000 jeunes Camerounais ont pris part, du 28 février au 1er mars 2026, aux épreuves écrites du concours de recrutement à la Gendarmerie nationale, selon les données communiquées par le ministère de la Défense. L’opération vise à pourvoir 3 340 postes, répartis entre 300 élèves sous-officiers option service général, 40 élèves sous-officiers option santé militaire et 3 000 élèves gendarmes.

À Yaoundé, trois établissements ont servi de centres d’examen : le lycée Leclerc, le lycée de Ngoa-Ekellé et le lycée bilingue d’application. Les candidats ont composé en culture générale, mathématiques et anglais. Les postulants au grade de sous-officier ont également rédigé une dissertation, tandis que les candidats au grade d’élève gendarme ont été évalués à travers une épreuve de rédaction.

À l’issue de cette première phase, les candidats présélectionnés seront convoqués pour des visites médicales approfondies, dernière étape du processus avant l’admission définitive.

Un concours très prisé par les jeunes

Comme chaque année, le concours de la gendarmerie suscite un engouement massif. Avec près de 30 000 candidats pour seulement 3 340 places, la sélection s’annonce particulièrement compétitive.

Au-delà de l’attrait pour l’uniforme, cet engouement reflète surtout les réalités socio-économiques du pays, notamment le chômage élevé des jeunes. L’intégration dans les forces de défense est perçue comme une opportunité d’obtenir un emploi stable, un revenu régulier, des avantages sociaux et des perspectives de carrière structurées.

Au Cameroun, « avoir le matricule » reste un symbole fort d’intégration professionnelle et de sécurité sociale. Pour de nombreuses familles, l’entrée dans l’armée ou la gendarmerie constitue un véritable ascenseur social.

Prestige de l’uniforme et perspectives de carrière

Le prestige associé à l’uniforme constitue également un facteur d’attraction. Corps à statut militaire, la Gendarmerie nationale incarne l’autorité de l’État et la protection des populations. Pour de nombreux candidats, intégrer ce corps représente à la fois un engagement patriotique et une source de reconnaissance au sein de la communauté.

Les perspectives d’évolution renforcent également l’intérêt pour ce concours. La gendarmerie offre plusieurs possibilités de spécialisation — notamment en police judiciaire, maintien de l’ordre ou santé militaire — ainsi que des formations continues et des promotions internes permettant de bâtir une carrière sur le long terme.

Un contexte sécuritaire qui renforce l’attractivité

Le contexte sécuritaire national contribue aussi à cet engouement. Les forces de défense restent fortement mobilisées face aux défis sécuritaires, notamment la lutte contre le terrorisme dans l’Extrême-Nord, la crise dans les régions anglophones et la criminalité transfrontalière.

Pour certains candidats, rejoindre la gendarmerie dépasse ainsi la simple recherche d’emploi et relève d’un devoir civique.

Au fil des années, ce concours s’est imposé comme un baromètre de la situation socio-économique du pays. L’augmentation du nombre de postulants traduit à la fois la pression démographique et la nécessité de réponses durables à la question de l’emploi des jeunes.

Si 3 340 candidats intégreront finalement les rangs de la gendarmerie à l’issue du processus, des dizaines de milliers d’autres devront attendre la prochaine session, preuve que l’appel de l’uniforme continue de mobiliser la jeunesse camerounaise.

P.N.N