Noun : une dizaine de postes de contrôle mixtes installés pour contenir l’insécurité

Rédigé le 04/03/2026
Investir au Cameroun

Une dizaine de postes de contrôle mixtes ont été officiellement rétrocédés, le 17 février 2026 à Foumban, aux arrondissements du département du Noun (région de l’Ouest), afin de renforcer le dispositif de sécurité dans une zone exposée aux retombées de la crise anglophone. La cérémonie a été présidée par la sénatrice RDPC pour l’Ouest Aminatou Ngangoube, membre de la commission défense et sécurité au Sénat, selon Cameroon Tribune.

Financées avec l’appui du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), ces infrastructures visent à répondre à l’insécurité observée dans plusieurs localités du département, dans un contexte où des groupes armés séparatistes ont étendu, par épisodes, leurs incursions depuis les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en conflit armé depuis 2017. Si l’épicentre des violences demeure dans les régions anglophones, le Noun subit depuis plusieurs années des effets de débordement, facilités par la porosité des frontières administratives.

Un précédent a marqué les autorités : en août 2022, une attaque attribuée à des hommes armés venus du Nord-Ouest a visé un poste de police dans le département, faisant deux morts parmi les forces de sécurité, avant le repli des assaillants. Cet épisode avait ravivé les craintes d’une extension géographique du conflit.

Déclenchée fin 2016 par des revendications corporatistes d’enseignants et d’avocats anglophones, la crise s’est progressivement militarisée. Elle oppose désormais les forces gouvernementales à des groupes indépendantistes réclamant la sécession des régions anglophones. Embuscades, attaques ciblées, enlèvements et intimidations alimentent un conflit à l’origine de milliers de morts et de déplacés internes.

Dans ce contexte, l’implantation de postes de contrôle mixtes — associant différentes forces de sécurité — poursuit un double objectif : dissuader les incursions armées et rassurer les populations. Les structures doivent faciliter les patrouilles, améliorer le maillage territorial et renforcer la capacité de réaction en cas de menace. Leur mise en service s’inscrit dans une stratégie de stabilisation des zones périphériques touchées indirectement par la crise, avec l’objectif affiché d’anticiper toute tentative d’implantation durable de groupes armés et d’éviter une installation durable de l’insécurité.

P.N.N