
Arrivé au Cameroun le 15 avril, le pape Léon XIV a entamé sa visite apostolique par Yaoundé avant de mettre le cap, ce 16 avril, sur Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest. Dans cette ville meurtrie par le conflit séparatiste qui secoue les régions anglophones depuis 2017, le programme pontifical prévoit notamment une « rencontre pour la paix avec la communauté de Bamenda ».
Le choix de cette étape n’a rien d’anodin. À Bamenda, la visite du souverain pontife est placée sous le thème : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix », une référence à l’Évangile selon saint Jean. Dans une région marquée par des années de violences, la paix constitue le fil conducteur de ce déplacement.
La venue de Léon XIV intervient cinq ans après une tentative de médiation du Vatican pour favoriser une issue au conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dès les premières années de la crise armée, le Saint-Siège avait proposé ses bons offices pour encourager le dialogue, alors que les positions des différents camps se durcissaient.
Dans cette dynamique, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, avait été envoyé au Cameroun en février 2021. Reçu en audience par le président Paul Biya, l’émissaire du pape François avait alors réaffirmé « la détermination du Vatican à contribuer à la résolution du conflit ».
« Ce que nous recherchons, c’est la réconciliation et la paix », avait déclaré le cardinal Pietro Parolin à l’issue de cette visite, sans que cette initiative diplomatique ne débouche sur une désescalade durable sur le terrain.
Malgré cet échec, l’Église catholique au Cameroun a poursuivi ses efforts d’intercession. En mai 2025, à l’occasion de la messe d’installation du nouveau pape, Mgr Andrew Nkea, archevêque de Bamenda et président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, avait remis au souverain pontife deux lettres : l’une de félicitations, l’autre d’invitation à effectuer une visite au Cameroun.
Placée sous le thème : « Afin qu’ils ne fassent qu’un », cette visite apostolique se déroule, selon Mgr Andrew Nkea, dans un contexte marqué par des « troubles politiques », des « divisions ethniques », la « diffusion du langage de haine » et la persistance de la crise dans les régions anglophones. L’archevêque avait présenté ces enjeux lors d’une conférence de presse organisée en mars dernier.
À défaut d’avoir pu obtenir, par la médiation, une sortie de crise dans les régions anglophones, l’Église catholique camerounaise veut croire à la force symbolique de cette visite. Mgr Andrew Nkea espère notamment que le passage du pape à Bamenda pourra « impacter et adoucir les cœurs ».
Ludovic Amara
