
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Cameroun et la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) s’acheminent vers la formalisation d’un partenariat destiné à améliorer l’accès à l’eau potable dans le camp de Minawao, dans la région de l’Extrême-Nord. Dans une publication datée du 9 avril 2026, l’agence onusienne évoque un « échange constructif » avec l’entreprise publique, en vue de finaliser une convention au profit des réfugiés et des communautés hôtes.
L’enjeu est de taille dans ce camp mis en place pour accueillir les réfugiés nigérians ayant fui les violences de Boko Haram. Conçu à l’origine pour environ 20 000 personnes, le site de Minawao fait depuis plusieurs années face à une forte pression démographique. En 2020 déjà, plus de 51 000 réfugiés y étaient recensés, un niveau largement supérieur aux capacités initialement prévues.
Cette surpopulation pèse directement sur les services de base, en particulier sur l’approvisionnement en eau potable. Insuffisance des points d’eau, allongement des distances d’accès, exposition accrue aux risques sanitaires : les difficultés d’approvisionnement affectent durablement les conditions de vie dans le camp, notamment pour les femmes et les enfants.
C’est dans ce contexte que le rapprochement avec Camwater prend une dimension stratégique. En tant qu’opérateur public chargé de la production et de la distribution de l’eau potable au Cameroun, l’entreprise pourrait apporter un appui technique à la sécurisation de l’approvisionnement du camp et de ses environs.
Au-delà de la réponse à l’urgence, le projet traduit une volonté de mettre en place une solution plus durable, intégrant à la fois les besoins des réfugiés et ceux des populations riveraines, elles aussi soumises à une pression croissante sur les ressources locales.
Si les modalités précises de la convention n’ont pas encore été rendues publiques, l’annonce du HCR marque une étape importante dans la recherche de réponses structurelles aux besoins du camp de Minawao. Dans cette zone confrontée à des défis persistants en matière d’eau, d’assainissement et de santé, ce partenariat pourrait contribuer à améliorer les conditions de vie et à renforcer la résilience des populations concernées.
Patricia Ngo Ngouem
Lire aussi:
Minawao : 3 122 réfugiés nigérians concernés par des rapatriements volontaires, sur 75 000 au camp
