Feipal 2026 : le Cameroun mise sur l’Amérique latine pour donner du contenu à l’import-substitution

Rédigé le 20/04/2026
Investir au Cameroun

Du 21 au 23 avril 2026, Yaoundé accueille la première édition du Forum économique international pour l’import-substitution avec les pays d’Amérique latine (Feipal). À travers cette initiative, le Cameroun entend explorer de nouveaux partenariats capables de soutenir la production locale, dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations et des ambitions récurrentes d’industrialisation.

Organisé sous l’égide du ministère des Relations extérieures, le Feipal 2026 se présente comme une plateforme de dialogue entre autorités publiques, milieux d’affaires, experts et investisseurs autour d’un objectif central : identifier des leviers de coopération susceptibles de renforcer la capacité de production locale. Le thème retenu, « Optimiser la production locale par le partenariat international pour la transformation structurelle de l’économie du Cameroun », inscrit clairement la rencontre dans le registre de l’import-substitution et de la transformation industrielle.

Pour les autorités camerounaises, l’enjeu est de réduire la dépendance de l’économie nationale vis-à-vis des marchés extérieurs. Cette dépendance, régulièrement pointée comme une faiblesse structurelle, expose le pays aux variations des prix internationaux et limite la progression de la valeur ajoutée locale. Dans ce contexte, le forum de Yaoundé est présenté comme un cadre destiné à faire émerger des partenariats plus directement orientés vers la production, l’industrialisation et le développement local.

Cinq pays d’Amérique latine ont été conviés à cette édition inaugurale : le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, la Colombie et le Chili, selon un communiqué signé le 13 avril par le ministère des Relations extérieures. Le choix de ces pays traduit la volonté du Cameroun de se rapprocher d’économies disposant, à des degrés divers, d’une expérience dans la valorisation des productions locales, l’agro-industrie et certaines politiques de montée en gamme productive.

Le ministère indique que l’événement réunira « des décideurs politiques, des experts internationaux, des acteurs économiques et des investisseurs camerounais » ainsi que des officiels et personnalités du monde des affaires des pays invités. Les échanges devraient porter en particulier sur l’agriculture, l’industrialisation et le développement local, avec l’ambition affichée d’identifier des opportunités de coopération adaptées aux réalités du marché camerounais.

Au-delà de la tenue du forum, l’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenaires économiques du Cameroun. En se tournant vers l’Amérique latine, le pays cherche à élargir ses relais de coopération au-delà de ses partenaires traditionnels, tout en s’inspirant d’expériences jugées transposables dans certains segments de son économie. Pour les entreprises locales, l’intérêt d’un tel rendez-vous peut résider dans la possibilité de nouer de nouveaux contacts, d’accéder à des savoir-faire ou de repérer des technologies susceptibles d’améliorer leur compétitivité.

Reste que l’impact réel du Feipal dépendra moins de l’affichage diplomatique que de sa capacité à déboucher sur des projets concrets. Car l’import-substitution ne se limite pas à la promotion de la production locale : elle suppose aussi des conditions favorables en matière d’énergie, de financement, d’infrastructures, de logistique et de compétitivité industrielle. C’est à l’aune de ces résultats tangibles que sera appréciée la portée de cette première édition du forum.

Patricia Ngo Ngouem