Législatives et municipales : avec 4 députés sur 180, l’UDC veut élargir son implantation

Rédigé le 01/09/2026
Investir au Cameroun

Réunie en Conseil exécutif national les 28 et 29 août 2026 à Foumban, dans la région de l’Ouest, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) a demandé à ses responsables locaux d’intensifier le recrutement de nouveaux militants et sympathisants. La formation présidée par Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya veut consolider ses structures de base et préparer les prochaines élections législatives et municipales, dont les dates restent à préciser. La tenue de cette session statutaire avait été annoncée le 24 août par le parti.

Les travaux ont réuni le Bureau politique, le Bureau exécutif national et les responsables départementaux. Ils ont notamment porté sur l’application des résolutions antérieures, le fonctionnement des structures, la préparation des candidatures et la mobilisation électorale. Le Conseil a également appelé les cadres et les élus à mieux accompagner l’activité politique, économique, sociale et culturelle des militants sur le terrain.

L’UDC entend, en outre, s’appuyer davantage sur ses membres établis à l’étranger. Le parti leur demande d’accroître leur engagement et leur contribution au rayonnement de la formation. Cette mobilisation de la diaspora doit compléter le travail d’implantation locale, notamment dans les zones où l’UDC reste peu représentée.

Un rapport de forces très défavorable

Au-delà du renforcement de ses propres positions, l’UDC affiche l’ambition de contribuer à une alternance de majorité à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux. Cette ligne prolonge son appel, formulé en avril 2026, à une mutualisation des forces de l’opposition et de la société civile au sein d’une plateforme politique.

Le rapport de forces actuel mesure toutefois l’ampleur du défi. L’UDC ne dispose que de 4 sièges sur les 180 que compte l’Assemblée nationale, contre 152 pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). L’ensemble des formations autres que le parti au pouvoir totalise 28 députés. Il leur faudrait donc 63 sièges supplémentaires pour atteindre le seuil de 91 élus nécessaire à une majorité absolue. L’objectif avancé par l’UDC suppose ainsi une coalition beaucoup plus large et une progression électorale majeure dans plusieurs régions.

La stratégie arrêtée à Foumban repose, à ce stade, sur trois leviers : l’élargissement de la base militante, la consolidation des structures territoriales et la préparation plus rigoureuse des candidatures. Le parti mise aussi sur la sensibilisation des électeurs et le retrait des cartes électorales, deux éléments déterminants pour convertir une présence politique en suffrages effectifs.

Un calendrier électoral à ne pas confondre

Présenter les deux scrutins comme des élections de 2027 serait prématuré. La loi du 25 mars 2026 a prorogé le mandat des députés jusqu’au 20 décembre 2026. De son côté, le décret du 4 mai 2026 a prolongé celui des conseillers municipaux jusqu’au 28 février 2027, sauf organisation d’élections municipales avant cette échéance. Ces textes fixent des bornes différentes et ne permettent donc pas, à eux seuls, de dater simultanément les législatives et les municipales en 2027.

La prochaine étape interne de l’UDC sera sa 8e Convention nationale, annoncée du 12 au 14 novembre 2026. Selon les informations communiquées par le parti, les assises seront placées sous le thème : « La Convention pour l’éthique républicaine, la réconciliation et la reconstruction nationales ». Cette rencontre constituera la prochaine échéance statutaire du parti après le Conseil exécutif national de Foumban.

Thierry Christophe Yamb