
Le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) a réuni son personnel, du 25 au 28 août 2026 à Yaoundé, pour une formation consacrée à la fraude, à la corruption, au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. La session intervient moins de trois semaines après une première formation portant sur la gestion financière, la traçabilité du patrimoine et le contrôle interne.
L’enjeu concerne une institution qui centralise et redistribue une partie des recettes destinées aux collectivités territoriales décentralisées. Selon les données publiées par sa direction générale, le Feicom a mobilisé 235,75 milliards de FCFA en 2025 et redistribué 177,7 milliards aux communes. L’établissement fait également état de 214 concours financiers accordés à 154 communes et régions. Son budget 2026 est annoncé à 367,2 milliards de FCFA, en hausse de 18,8 %.
Ces chiffres ne proviennent pas d’un bilan audité accessible au public. Ils donnent néanmoins une indication sur le volume des flux financiers auxquels s’appliquent les dispositifs de contrôle interne.
Deux sessions rapprochées sur la gestion et les risques
Du 10 au 12 août 2026, le Feicom avait déjà formé ses comptables-matières et ses régisseurs au Centre Jean XXIII de Mvolyé, à Yaoundé. Selon le compte rendu publié le 13 août par l’établissement, les travaux avaient porté sur la traçabilité des actifs, la gestion des régies d’avances et de recettes, la conformité des pièces justificatives et le contrôle interne.
La session organisée du 25 au 28 août a élargi le champ aux risques de fraude et de corruption ainsi qu’aux obligations liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. Ces matières relèvent de dispositifs juridiques et de mécanismes de détection distincts, mais elles ont en commun des exigences de traçabilité des opérations et de contrôle des flux financiers.
La succession de ces deux sessions montre que le Feicom a consacré une partie de son programme de formation d’août à la sécurisation de ses procédures financières et patrimoniales. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de mesurer leur effet sur les pratiques internes.
Aucun indicateur publié sur les effets des formations
Les informations rendues publiques ne précisent pas les procédures qui auraient été modifiées à l’issue des travaux, les nouveaux contrôles éventuellement instaurés, le nombre d’agents formés ou le calendrier prévu pour évaluer l’application des enseignements reçus.
Elles ne renseignent pas davantage sur le nombre d’anomalies détectées au sein du Feicom, les suites disciplinaires éventuelles ou les résultats des contrôles internes.
La tenue d’une formation permet d’établir que le personnel a été sensibilisé à ces risques. Elle ne permet pas de conclure à une diminution de la fraude ou à une amélioration de la conformité. Une telle appréciation supposerait des indicateurs suivis dans le temps : anomalies relevées dans les pièces justificatives, délais de régularisation, conflits d’intérêts déclarés, signalements reçus, contrôles effectués ou mesures correctives mises en œuvre.
La prévention devra se mesurer dans les procédures
L’initiative intervient pendant la dernière année de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2022-2026 publiée par la Commission nationale anti-corruption.
Au Feicom, les effets de ces formations pourront notamment être appréciés à travers les changements introduits dans la chaîne de dépense, la gestion du patrimoine et les mécanismes de financement des collectivités. À ce stade, l’établissement n’a pas publié de bilan permettant de relier les sessions organisées en août à des résultats mesurables en matière de prévention ou de détection des irrégularités.
Patricia Ngo Ngouem
