Budget 2027 : la Communauté urbaine de Yaoundé doit encore 10,8 milliards de FCFA sur des projets déjà exécutés

Rédigé le 18/10/2026
Investir au Cameroun

Avant de lancer de nouveaux chantiers, la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) doit d’abord payer ses dettes. C’est le principal enseignement de la session ordinaire du Conseil de la Communauté consacrée au débat d’orientation budgétaire, en vue de l’élaboration du budget 2027. La session s’est tenue mardi 13 octobre.

Les échanges entre les commissions du Conseil, d’après des comptes rendus de médias publics, ont révélé que de nombreux projets engagés et exécutés attendent toujours d’être payés, certains depuis l’exercice 2024. Le maire de la ville, Luc Messi Atangana, l’a confirmé. Selon lui, près de 10,8 milliards de FCFA restent à payer sur ces projets. Il s’agit notamment de la phase complémentaire de l’éclairage public par lampadaires solaires, de l’enlèvement des ordures ménagères en régie et de l’entretien des voiries revêtues.

Le maire a donc fait de « l’achèvement des projets engagés » le premier des six piliers de son avant-projet de plan de campagne 2027. Il invoque un contexte de rareté des ressources financières et promet de poursuivre les efforts de maîtrise des dépenses. « Cet effort de maîtrise des dépenses dégage une épargne de près de 20 milliards de F entièrement orientée vers l’investissement », a-t-il assuré. Le plafond indicatif de l’investissement est fixé à 22 milliards de FCFA en 2027, puis à 24 milliards en 2028 et 26 milliards en 2029. « Plus de six francs sur dix dépensés par la mairie de la ville iront à l’investissement », a-t-il ajouté, rapporte le quotidien gouvernemental.

Rapportés aux 22 milliards prévus pour 2027, les 10,8 milliards d’arriérés représentent près de la moitié de l’enveloppe d’investissement de l’année. Autrement dit, une part importante de l’argent présenté comme de l’investissement servira d’abord à régler des factures anciennes, et non à financer de nouvelles réalisations.

Les nouveaux projets restent donc modestes. Pour la mobilité et la voirie, la CUY prévoit de réhabiliter quatre axes, soit un peu plus de six kilomètres de chaussée. Il s’agit du tronçon carrefour Mbog-Abang – carrefour Dovv Messamendongo, à Yaoundé IV, et de trois tronçons à Yaoundé III : rond-point Damase – rails Ebom, pont Efoulan – rails Obobogo, et carrefour Shell Nsimeyong – carrefour Efoulan.

L’éclairage public et les services de proximité mobiliseront près d’un milliard de FCFA, consacré à l’entretien et à la réhabilitation du réseau existant plutôt qu’à son extension. Les trois autres piliers portent sur la salubrité et l’assainissement, sur le plan vert intégré au plan climat de la ville et sur la modernisation de l’administration municipale.

Le dossier le plus sensible reste celui des ordures. Le Conseil a suggéré d’envisager la construction d’une nouvelle décharge, celle de Nkolfoulou présentant aujourd’hui de nombreux inconvénients. Exploité depuis plus de vingt ans, le site est proche de la saturation. Luc Messi Atangana a indiqué qu’un site était disponible, mais il a reconnu que le financement manquait. La CUY possède depuis 2019 un terrain de 25 hectares à Ongot, dans l’arrondissement de Ngoumou, pour un second site de traitement des déchets. Son aménagement complet est estimé à environ 3 milliards de FCFA, et seule l’étude de faisabilité de la voie d’accès a été lancée à ce jour.

Ludovic Amara